LA GÉMELLITÉ, CLÉ DE LA MULTIPLICATION DANS LA PHILOSOPHIE AFRICAINE DE LA PÉRIODE PHARAONIQUE

Nous avions, lors de notre précédente réflexion sur les mathématiques africaines de la période pharaonique, évoqué l’importance de la monade(l’Unité) dans la conception de la notion d’inconnue. Au cours de cette nouvelle contribution, nous nous allons atteler à démontrer le rôle de la dyade (la Gémellité) dans la multiplication négro africaine durant la période pharaonique et son importance dans le domaine particulier de ce qu’il est convenu d’appeler de nos jours la science informatique notamment à travers l’élaboration des algorithmes.

LA GÉMELLITÉ CLÉ DE LA MULTIPLICATION DANS LA PHILOSOPHIE AFRICAINE DE LA PÉRIODE PHARAONIQUE

Selon la cosmogonie de Iounou (Héliopolis), quand l’Unique (le Créateur aux formes multiples Amon Râ) a surgi en la première fois des Abysses Primordiales Totipotentes du Nnw (qu’on déforme souvent par le vocable Noun) pour inaugurer l’existence, il créa les quatre couples primordiaux encore dits parèdres de l’Ogdoade divine. Ce sont :

  1. Shou (principe mâle) et Tefnout (principe féminin) : Air et Humidité respectivement
  2. Geb (principe mâle) et Nout (principe féminin) : Terre et Ciel respectivement
  3. Osiris et Isis : homme et femme, premier couple fécond ancêtre de l’Humanité
  4. Seth et Nephtys : couple stérile.

C’est cette cosmogonie mal assimilée que nous ont tenté de restituer à travers les éléments Feu, Eau, Terre et Air les penseurs grecs milésiens dits pré socratiques que sont : Thalès, Anaximandre, Anaximène…que les philosophes appellent les PHYSIOLOGUES c’est-à-dire ceux discourant sur le Physikè, la Nature.

Il est précisé que cette substance abyssale primordiale et chaotique de nature inconnue a certaines propriétés : elle a toujours été, sans commencement ni fin, elle est inorganisée et demandait à l’être, elle contient toutes les potentialités en devenir, elle contenait le Créateur Lui-même sans qu’on connaisse son véritable aspect…Hormis le Créateur qui est androgyne, on remarquera que les couples parèdres ne sont pas homo-sexués. C’est ici l’origine du concept de la circoncision dont Hérodote nous a fait une déposition dans son livre II, chap. 104 en disant que les Kamites sont les premiers à l’avoir pratiquée. L’ablation du prépuce ou du clitoris symbolisent la suppression du principe féminin chez le garçon et du principe masculin chez la fille.

Pour fermer rapidement cette parenthèse et entrer sans tarder dans le propos, objet de notre réflexion, ajoutons que de notre avis cette cosmogonie héliopolitaine est la plus aboutie et à même d’assurer à l’être humain la plus haute complétude sur les questionnements quant à l’origine de l’existence. Ces enseignements sont le fruit de plusieurs millénaires de travail de cette caste particulière de hauts prêtres hermétiques (de Djehuty ou Thot-Hermès Trismégiste Trois Fois Grand) de la Vallée du Nil qui se sont consacrés de générations en générations à l’étude de la question des questions sur l’origine de tout ce qui existe y compris le Créateur Lui-même. Comparativement, le premier livre de la Bible attribué à Moïse énonce ceci au premier verset de son chapitre I : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre ». Sans épiloguer ici sur l’étymologie équivoque du mot d’origine sanskrit « dieu » et en accordant qu’il s’agit du même Créateur, on reste sur sa soif de questionnements pour se demander d’où sort ce dieu ? Depuis quand existe-t-il ? D’où sort-il les cieux et la terre ? La suite est encore plus déroutante…d’où une forme d’incomplétude avec ses contradictions. Naturellement, tout ce qui a un commencement doit avoir logiquement une fin, c’est du moins ce que dit Aristote dans sa Rhétorique par exemple. Cela a le mérite au moins de concevoir les terreurs eschatologiques qui guetteraient la Création mais qui ne supposent pas la Fin du « Tout » puisque certains continueront au paradis et d’autres dans les flammes éternelles de l’enfer sauf à considérer une « éternité à durée limitée », ce qui donnerait un oxymoron. Or si on peut concevoir la fin d’un monde en terme de civilisation et même de notre système solaire voire de notre galaxie et autres myriades de galaxies, la fin de la Totalité, ce que nous appelons de nos jours Univers est inconcevable étant entendu que rien ne nous dit par exemple à la combientième explosion du big bang nous sommes. Ceci à supposer vraie cette théorie de Mgr George Lemaître et Fred Hoyle avec à terme une contraction à nouveau de l’univers. La matière de l’univers, si elle est susceptible de transformation, ne peut intellectivement parlant sombrer dans le « néant ». Les  spéculations attribuées à Aristote de Stagire in « De la production et de la destruction des choses » sont bien pertinentes à ce propos.

Contrairement à d’autres univers culturels où le pluriel commence à compter de deux, chez les Kamites, c’est à partir de trois. Par exemple, en grammaire indoeuropéenne, le signe du pluriel s’applique pour au moins deux sujets ou objets…, et en droit romain, l’habitude s’énonce dès qu’un fait a été commis au moins deux fois. Or chez les Kamites, on distingue l’Unité (WA), la Gémellité (Y) et la Trinité, marque du pluriel (W). C’est cette gémellité qui va être la base de la multiplication dans les mathématiques kamitiques. Ainsi, d’après les écrits du mathématicien kamite Iamessou contenus dans le papyrus dit Rhind évoqué précédemment, la méthode nous est dévoilée au travers des 20 premiers problèmes.

Il s’agit de réaliser la multiplication de deux facteurs en décomposant le plus petit facteur en une somme de puissances de deux et, par extension de la méthode, en une somme des dizaines selon les cas. Interviennent seulement des additions.

Par exemple, multiplions 152 par 17 :

On choisit de décomposer 17 en sommes de puissances de 2, on a ainsi :

17 = 1 (20) + 16 (24)

En pratique, on établit le tableau suivant par additions successives:

1 (20)               152

2 (21)               304

4 (22)               608

 8 (23)              1216

16 (24)            2432

Or 17 étant la somme de 1 et 16, on additionne donc les résultats correspondants, soit 152 et 2432, le résultat de 152 multiplié par 17 est donc 2584, cela est conforme dira le mathématicien kamite.

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